Samedi 25

Atelier phonographique

(initiation et déambulation écoutante)

Entre deux soirées pleines de collisions musicales et de butinages au bar, voilà une occasion de construire une autre scène, dédiée à un orchestre tout à la fois invisible et omniprésent.
Guillaume, preneur de son, proposera un atelier d’initiation, où l’on se penchera sur l’acte d’écouter son environnement, de le capter via des microphones, et ce que cela fait sur nous.
Field recording, phonographie, audio-naturalisme, autant de facettes d’une pratique que l’on pourra expérimenter dans le village.
Sur inscription : lislesauvage@emailasso.net, ou sur place à l’accueil, nombre de places limité.
Le matériel sera fourni mais si vous possédez enregistreurs, casques ou microphones, emmenez-les avec vous.

À trois sur la plage

(synth vagues - Rennes/Paris)

Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’un duo. Liza Liza et Sophie Massa, à deux sur disque et sur scène mais avec de nombreux synthés, nous offrent un parfait équilibre entre une certaine raideur, celle d’une brise coldwave qui souffle sur l’échine, et la douceur d’une synthpop acidulée qui sait viser juste, éviter avec une aisance déconcertante les écueils du millésime canal historique, et faire pleuvoir les tubes.

Delacave

(Gloomy wave - Grande Triple Alliance Internationale de l'Est)
Quand un duo ayant prêté allégeance à « La Grande Triple Alliance de l’Internationale de l’Est » fait le chemin jusqu’à Lisle, c’est depuis une route sinueuse qui oscille entre l’âpreté d’un post-punk incisif et saccadé, et une sensibilité pop à l’élégance brumeuse.
Duo co-fondateur de la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est composé de Seb Normal (The Feeling Of Love, Crash Normal, Le chômage, Le chemin de la honte… ) et de Liliane Chansard (Le chemin de la honte, Fast arbeït babies), Delacave a commencé à faire de la musique dans un espace très intime, une chambre, en se découvrant et rassemblant tout l’imaginaire nécessaire à sa lente gestation pour initier la Gloomy Wave. Leur mélodies s’assemblent, leurs harmonies sonnent et dissonnent, les voix s’ajustent, la fébrilité devient force, ils relient alors par un grand écart flou, l’impressionnisme coloré et le baroque noir. 

Fred Roumagne

Artiste périgourdin sans cesse affairé aux commandes de son propre collisionneur de particules, qu’il charge de cartouches issues de ses nombreuses créations pour le théâtre, de son travail de plasticien sonore et de vidéaste, voire de réminiscences de son passé de noiseux aventureux au sein de Andy’s Car Crash, Fred Roumagne nous placera avec lui au centre d’un observatoire d’où les sons seront placés sur orbite, tout autour, en quadriphonie. Équipé de cordes vibrantes, de macrophonie granulaire et d’arrangements affûtés au labo de l’impro, il nous fera contempler les effets des ses recherches sensibles autour de l’espace et du temps sur nos consciences ouvertes à l’expérience.

Hyperculte

(tract kraut - Suisse)
Cette année on trouve 5 duos composés d’une femme et d’un homme à l’affiche du festival, et bien évidemment cela ne donne aucune sorte d’indication sur leurs musiques.
Signé sur l’excellent label Bongo Joe, Hyperculte est un de ces duos. Deux cœurs qui battent à l’unisson, en ondes rythmiques qui saisissent les corps, qui battent fort, comme une armée de rêveurs, qui battent juste, irradiant une poésie toute politique en lutte contre l’absurdité du monde. Armé de textes, d’une batterie et d’une contrebasse, Hyperculte, affublé de son nom à la douce charge ironique, fait de la danse un acte radical, sur le fil, entre résistance déterminée et inconséquence joyeuse, qui redonne du sens, qui réenchante, et qui résonnera profondément le samedi depuis la Halle du village.

Why the Eye ?

(Techno préhistorique - Belgique)
Définitivement radicalisés après un stage de survivalisme organisé par leur entreprise, les membres de Why the Eye craquèrent leurs soldes de tout compte et rompirent avec la bienséance musicale, préférant recréer les rites occultes d’une ancienne tribu belge fictive. Habitée d’animalité industrielle et uniquement dévouée à faire jaillir une transe libératrice et primitive, elle préfigure aussi un futur où les instruments seront essentiellement bricolés à partir de cadavres de trottinettes électriques. 

Seb & the Rhaa Kids

(Punk à enfants - Lyon)

À un moment il faut se donner les moyens de ses ambitions. Donnons deux exemples : si on veut continuer la destruction des services publics et absolument ne rien faire pour lutter contre le réchauffement climatique, et bien on nommera alors Elisabeth Borne première ministre. Et si on veut infuser au sein du plus jeune public d’un festival un goût pour la communion par le pogo et une joie torrentielle dispensés par un one-man band échappé d’une bd de Gotlib, ricochant sans retenue entre des réminiscences de Jonathan Richman, Pulp et autres saillies punk rock, et bien on fera jouer Seb & the Rhââ Kids sur scène !

Taranta Lanera

Entre le sud de l’Italie et la France, entre la force des chansons traditionnelles et le chatoiement des arrangements électroniques, Tarenta Lanera tisse une toile vibrante avec la grâce de la tarentule dont elle emprunte le nom. Selon la légende, danser la tarentelle permettrait de guérir de la morsure de l’araignée. Goûtons donc à ce venin tant par les oreilles que par les yeux, les costumes et la projection vidéo achevant de lui donner sa saveur fantasmagorique.