Vendredi 24

Dustyle

(professeur cosmique - Périgueux)

Dj Dustyle n’est autre que l’alter ego scénique de Bernard, déjà légendaire disquaire tenant la Démothèque à Périgueux depuis un nombre d’années que la pudeur nous fera taire. Bernard c’est depuis les années 70 une passion que rien ne saurait assécher, des éruptions psychédéliques dans les groupes Virus, Pluton et tant d’autres, à l’orgue électrique en solo ou à l’écriture automatique de fanzines et BD. Pour Lisle Sauvage, il sera libre de nous dévoiler seulement une fois sur scène la forme de son show, que ce soit à base de samplers calibrés sur l’impromptu, de jeu d’orgue répétitif que seule une coupure de courant ne saurait interrompre, ou d’un dj set où des sillons des vinyles jailliront autant d’étincelles que de facettes de sa vie.

Rubin Steiner

(trio pour danser - Tours)

Malgré un grand talent pour galvaniser les foules et les faire danser en rythme en toutes circonstances, les biographes n’ont relevé aucun lien entre Rubin Steiner et le gourou Rudolph Steiner, fondateur de l’anthroposophie. Après croisement des sources, il s’avère que Rubin Steiner est en fait le nom de scène d’un homme immatriculé Fred Landier, agitateur musical dont la vie est rythmée par des kicks de Roland TR-808, officiant depuis la fin des années 90. S’il s’est lancé dans une carrière nettement moins lucrative que Rudolph, Rubin, lui, la mène avec un amour sincère et une patte singulière qui transforme tout style qu’il aborde en une matière iridescente hautement dopaminergique, suintante de passion et façonnée par un goût sûr.
Aujourd’hui, mué en une sorte de James Murphy (LCD Soundsystem) tourangeau, il joue de la basse dans un trio en compagnie de Jérémie Morin à la batterie et de Sandrine Guillot aux synthés, au sein d’une formule qui humanise les machines et fait pulser les tubes.

Ellah A thaun​

(variété shoegaze - Rouen)

En parallèle de ses aventures en groupe, Nathanaëlle Hauguel crée Ellah a. Thaun, un projet qui au fil des ans documente les étapes de sa vie par une production musicale fleuve, en couchant sur magneto 4 pistes ses angoisses, ses transformations et ses joies, malmenant ses influences, de la folk lo-fi aux Pixies et My Bloody Valentine, pour en faire une matière plastique à la texture unique, au gré de sa quête quasi-thérapeutique.
Si le projet solo s’est depuis mué en groupe capable des déflagrations parmi les plus exultantes de ce que le rock en France peut produire aujourd’hui, c’est pour porter plus loin la voie d’une artiste qui porte toujours en étendard sa sensibilité, qui glorifie les imperfections et chérit par dessus tout sa liberté.

Tonton Action

(N'goni fusion - Bordeaux)
Originaire du Mali, Ibrahim Diakité dit Diaboura est un chanteur, compositeur et virtuose de n’goni, un instrument traditionnel qui trouve son origine dans les chants des chasseurs mandingues, dont il apprend à jouer dès l’enfance auprès de maîtres maliens, puis dont il égraine les notes au sein de différentes formations de l’Afrique à l’Europe.
Il s’installe d’abord en Espagne puis en France, où il fait la connaissance de François Chommaux (guitare/synthé), Eric Camara (contrebasse) et Christophe Urbanski (percussions), avec qui il crée le groupe Tonton Action à Bordeaux l’an dernier.
Compositions et morceaux traditionnels maliens s’entremêlent aux influences multiples des musiciens issus du rock, de l’électro, de la salsa et des musiques de l’Afrique de l’Ouest.
C’est en bambara, en français et en espagnol qu’Ibrahim chante les pays quittés, traversés et atteints, les difficultés sociales et politiques, les histoires des modernes et la sagesse des anciens.

Medianoche Artificial

(radiKal Tango - Vergt)

Cela fait longtemps que la silhouette fusiligne et le regard fixé sur le lointain de César Amarante ne hantent plus les rues de Saint-Michel à Bordeaux, depuis l’époque où il jouait dans les caves de la ville avec Radikal Satan, groupe phare au tango mystique dans lequel sont passés Jo Burgun (Chocolat Billy), Thomas Bonvallet (L’Ocelle Mare) et Mélody Gottardi (Glen or Glenda). C’est en duo avec cette dernière, installé dans le Périgord, qu’on le retrouve et que naît Medianoche Articifial, collections de rêveries délicates, fiévreuses et ensorcelantes, rejouées avec brio à chaque concert afin qu’elles imprègnent à jamais le théâtre intime derrière le rideau de nos paupières.

Nina Harker

(poésies polyglottes - Nantes)

Il se murmure que ce serait un duo, qu’il et elle vivraient à Nantes, et on trouve une mince et précieuse poignée d’enregistrements portant leur nom. Voici pour les éléments factuels, pour le reste il faudra accepter de plonger dans la fiction dont le duo tapisse les murs de sa chambre, de monter dans sa barque et admirer les rives du Styx en carton pâte, de s’abandonner dans leur narration comme dans un nouvelle de Kafka en cut-up. Français, italien, japonais ou allemand au micro, claviers déglingués, guitare tremblotante et percussions élusives sous les mains, c’est avec ces fragments fragiles que le duo fait jouer sa magie et révèle d’improbables tubes qui semblent tirés d’un folklore imaginaire que l’on connaîtrait depuis toujours.

Shifting

(Bisous noiseux - Irlande)
Bijou crasseux de la scène dublinoise underground, Shifting a donné son premier concert après seulement 3 répétitions dans un local logé sous une voie ferrée. C’est cette pulsion qui les guide et les pousse à vite jeter les idées comme si elles brûlaient, pour créer ce noise rock jouissif, protéiforme et incandescent où se télescopent de sordides histoires de serial killers, un goût prononcé pour l’absurde tapi dans les limbes de la conscience et un humour qui grince comme un outrancier larsen de guitare au manche d’aluminium.
Seule date en France, immanquable évidemment, servez-vous y’en n’aura pas pour tout le monde.